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La SACEM et les juifs

novembre 8, 2011 1 commentaire
La SACEM et les droits des auteurs et compositeurs juifs sous l'occupation - Yannick Simon

La SACEM et les droits des auteurs et compositeurs juifs sous l'occupation - Yannick Simon

Il y a une dizaine d’années, une sombre affaire de collaboration et de spoliation de compositeurs juifs pendant l’occupation a pété à la gueule de la SACEM (voir l’article sur largeur.com).

En gros, cette vénérable association de bons français aurait fait du zèle nazi en élaborant une circulaire le 17 novembre 1941, précisant que chaque sociétaire devait «attester qu’il était aryen et que toute fausse déclaration pourrait entraîner, pour le signataire, l’internement dans un camp de concentration».

Autant dire que face à une telle note (pas de musique celle là…), les compositeurs juifs ont oublié de réclamer leurs droits pendant les années de l’occupation. L’argent des droits leur a-t-il été restitué après la guerre ? L’enquête a été très claire: Rien n’a été versé après la guerre, car personne n’aurait rien réclamé…

Tout le monde sait que bien peu de juifs sont revenus des camps de concentration. Mais ce que j’ai trouvé le plus écœurant dans cette affaire, c’est lorsque Jean-Loup Tournier, président de la SACEM en 1999, a indiqué pour la défense de la SACEM: «il faut rappeler qu’à cette époque, toute utilisation publique [d’œuvres] d’auteurs juifs était interdite (…). Il est évident que cette interdiction a réduit considérablement les droits d’auteurs pouvant revenir aux ayants droit juifs.» En gros, la SACEM n’avait presque rien à payer aux compositeurs juifs puisque leur musique était interdite.

Cette argumentation est pitoyable, c’est tout juste s’il n’a pas dit qu’on ne pouvait pas matériellement payer les compositeurs juifs car ils étaient déportés…

Monsieur Tournier aurait il eu l’idée de présenter les excuses de la SACEM aux victimes de la collaboration nazie ? Non, il a simplement soutenu que sa société s’est contentée d’appliquer les lois qui lui étaient imposées par le régime de Vichy.

Aujourd’hui, la SACEM harcèle ouvertement des commerçants (dont certains sont juifs) qui écoutent de la musique dans leur boutique: Ils sont accusés de « diffusion publique » et doivent payer une « taxe » annuelle, dont la SACEM a le monopole. Tout ça pour écouter la radio (radios qui payent aussi à la SACEM des droits sur la musique qu’ils diffusent…)

La SACEM est une bonne machine à fric, dont les dépenses de « fonctionnnement » sont record. En 2010, la Cour des comptes a pointé les dépenses outrancières de la SACEM. Selon ce rapport, les salaires moyens des cinq plus gros salaires de la Sacem s’éleverait à 363 908 euros, et serait de 600 000 euros rien que pour Bernard Miyet son président. À cela s’ajouteraient des notes de frais abusives. En réponse à la Cour des comptes, cette organisation a simplement rappelé qu’elle est une entreprise privée, libre du choix des salaires de ses dirigeants.

Depuis longtemps des artistes, ça et là, se posent la question sur l’honnêteté de leur association. Certains lancent parfois un timide « faut-il supprimer la SACEM? » Mais comme l’organisation distribue tout de même des miettes, nos pauvres artistes se disent… c’est toujours mieux que rien.

Il existe pourtant d’autres solutions !

En voici une: le site internet de Jamendo (http://www.jamendo.com/fr/) propose un système de diffusion de musique totalement indépendant du monopole de la SACEM. C’est peut-être grâce à internet que le monopole de la SACEM finira par tomber, et que les petits compositeurs pourront enfin vivre de leur travail.

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